Lecteur réseau es-tu là ?

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La revue DIAPASON, bien connue des amateurs de musique et de Haute-Fidélité vient de publier un article à propos de la qualité musicale des fichiers de musique dématérialisée. Jusqu’ici son auteur, Thierry Soveaux, a été le chantre de ce type de restitution sonore, vantant comme la plupart de ces confrères les mérites et surtout la suprématie de ce mode d’écoute par rapport au disque Cd.

Pourtant voilà qu’il avoue aujourd’hui s’être emballé trop rapidement !

Je vous laisse lire l’article et je poursuis plus bas :

 » Des lecteurs CD, des convertisseurs et même des platines vinyles au palmarès de nos Diapason d’or ce mois-ci, mais point de lecteurs réseau ou de serveurs (avec leur propre mémoire de stockage). Oubli ? Refus ? Absence de nouveaux modèles ? En aucun cas : depuis quelque temps, une certaine perplexité nous gagne. La comparaison répétée entre la lecture traditionnelle du CD et son « rippage » sans perte, à l’aide de plusieurs serveurs, nous a en effet un peu échaudé. Alors, doit-on croire les zélateurs de la dématérialisation, qui défendent la supériorité de celle-ci sur la lecture traditionnelle ? Pas si sûr. Procédons à une expérience simple : après avoir sélectionné plusieurs enregistrements, repéré les différences subtiles entre les prises de son, comparons l’écoute offerte par le lecteur CD à celle du même disque rippé. Le constat s’impose très vite. Le serveur/lecteur réseau – souvent coûteux – assorti d’un convertisseur haut de gamme, opère un étrange lissage, tendant à faire sonner les enregistrements toujours un peu de la même façon : dopage dynamique parfois plaisant avec certains modèles; sonorité adoucie avec d’autres, mais tout cela, hélas, de façon assez systématique. En revanche, sur notre bon vieux lecteur au prix encore modeste (900 euros), la musique retrouve sa fraîcheur originelle, avec une diversité des ambiances enfin repérable, voire certaines imperfections (tendance à l’agressivité, par exemple), gommées par le rippage. Le sujet, complexe, mérite certes un jugement nuancé qui sera peut-être modifié par de nouveaux appareils. D’autant que par le passé, le serveur Naim HDX (Diapason d’or 2009) nous avait fait excellente impression, offrant un résultat « identique » – et non pas supérieur – au CD… Fort de ce constat, la question du téléchargement et de ses divers avatars doit également être posée : qu’est-ce que le format natif ? Sa qualité correspond-elle à l’enregistrement originel ? Peut-on parler de haute définition ? Quelle connectique mettre en œuvre (liaison Bluetooth ou filaire) ? Réponses dans un de nos prochains billets. Après, là encore des écoutes comparatives entre le CD (16 bits/44.1 kHz), le SACD, le Blu-Ray Audio et le fichier téléchargé parfois en 24 bits haute définition. »

J’ai toujours manifesté une certaine réticence vis à vis de ce procédé d’écoute de musique « dématérialisée ». La plupart de mes confrères eux ne sont pas posés de questions : un nouveau marché s’ouvrait pour la Hifi avec la vente de serveurs, DACs et autre machines à musique version informatique.

Ce marché, s’il existe toujours et continuera d’exister grâce à ces avantages pratiques indéniables ne pourra plus revendiquer sa suprématie musicale.  Rassurant !

L’arrivée du disque Cd devait « tuer » le vinyle, aujourd’hui il y a de quoi en rigoler ! La musique dématérialisée ne « tuera » pas plus le Cd. Mais il est dommage de constater qu’à chaque changement de support on nous serine la même chose sans prendre le temps de vérifier à l’oreille si la musique est bien respectée.

Mais ne soyons pas naïfs, comme au moment de la sortie du Cd, la musique dématérialisée représentait et représente encore pour beaucoup de fabricants, revendeurs, sites de vente de musique en ligne,… un enjeu commercial trop important pour que l’on fasse la Fine Oreille !

Que pensez-vous de cela ? Votre avis et éventuellement votre expérience en ce domaine m’intéresse et enrichira la discussion sur ce blog. Merci d’avance de votre participation.

Une réponse à “Lecteur réseau es-tu là ?

  1. Bonjour,
    Je suis tout-à-fait d’accord.
    Je vous ai acheté récemment un DAC Hegel HD11, probablement le dernier que vous ayez vendu, avec l’arrivée toute récente du HD12, et j’ai ainsi pu écouter par moi même, pour m’affranchir de l’avis des autres. Après quelques semaines d’écoute, voilà ce qui en ressort : l’écoute en dématérialisé reste agréable, pour peu que l’enregistrement soit bon au départ (on en trouve beaucoup de mauvais dans le commerce : fermés, plats…), mais ça s’arrête là.
    Quand j’ai décidé de franchir le pas pour ce convertisseur hegel, c’était avant tout pour donner une nouvelle jeunesse à ma Marantz CD50. Et là, je suis plus que comblé.
    En effet, j’ai pris un de mes meilleurs enregistrements, que je connais par coeur, et je l’ai rippé sur mon ordinateur, avec un logiciel dédié, en bit perfect. Je l’ai écouté avec le convertisseur ainsi qu’un logiciel de lecture dédié également, en liaison USB, et j’ai trouvé ça agréable… mais loin de ce que je connaissais : je me suis même demandé si le DAC n’était pas en question. En revanche, je l’ai passé sur ma marantz en liaison coaxiale (avec des câbles milieu de gamme) mais une belle électronique, et là… pan ! Tout est mieux qu’avec le convertisseur intégré à la platine, mais encore beaucoup mieux qu’avec une écoute à partir d’un ordinateur. Ce qui frappe à première vue, c’est le relief. Et puis tout est plus franc, plus dynamique, c’est plus aéré, les graves sont plus propres, et c’est moins fermé… bref, la musique vit vraiment. CQFD

    Non, vraiment, la dématérialisation tend à se développer pour deux raisons : la première étant la portabilité et le gain de place pour stocker les fichiers, la seconde étant la possibilité d’accès à des fichiers en haute définition.
    Aux personnes qui recherchent ce dernier point, je dirais de ne pas aller chercher midi à 14 heures : il faut s’orienter vers le vinyle (ou le CD, qui, bien mis en oeuvre, a encore beaucoup de choses à nous montrer). C’était la haute définition avant le numérique, et maintenant, avec la maîtrise de cette technologie, le vinyles sonnent toujours très bien, même avec des enregistrement numériques.
    Par ailleurs, je profite de cette occasion pour souligner quelque chose de capital : avant de chercher à gagner en définition d’enregistrement, cherchons déjà à posséder des enregistrements de qualité ! On a de meilleurs résultats avec une information qualitative échantillonnée moins de fois par seconde, qu’avec une information brouillon que l’on échantillonne plus de fois par seconde : au delà du support et de toute considération de fréquence d’échantillonnage, c’est la manière d’enregistrer et sa qualité ainsi que celle du mastering qui est prépondérante sur le rendu sonore d’une installation haute fidélité… bref, faut bien donner à manger à sa source pour avoir un bon rendu, et ce sera toujours vrai…

    Bien cordialement

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